Etre chrétien

Les dons spirituels sont-ils encore d’actualité aujourd’hui ?

Les dons spirituels sont-ils encore d’actualité aujourd’hui ?

This entry is part 2 of 3 in the series Les plus grandes questions du Nouveau Testament

(Étude de 1 Corinthiens 12–14 ; Actes 2 ; 1 Thessaloniciens 5:19-21)

La question de la continuation ou non des dons spirituels est l’une des plus débattues dans les cercles chrétiens contemporains. Certains affirment que les dons miraculeux (comme les prophéties, le parler en langues, les guérisons) ont cessé avec la mort des apôtres, tandis que d’autres enseignent qu’ils sont toujours pleinement actifs dans l’Église aujourd’hui. Ce débat n’est pas simplement théorique ou académique ; il touche profondément à la vie ecclésiale, à la prière, à l’évangélisation, et à notre compréhension de la manière dont Dieu agit au milieu de son peuple. Pour répondre fidèlement à cette question, il est indispensable d’étudier avec soin les passages clés du Nouveau Testament, en particulier 1 Corinthiens 12 à 14, Actes 2, et 1 Thessaloniciens 5:19-21, et d’examiner la logique interne de la révélation biblique, sans projeter nos expériences ou traditions sur le texte sacré.

I. Qu’est-ce qu’un don spirituel selon le Nouveau Testament ?

1.1. Une manifestation de la grâce divine

Un don spirituel (ou charisme) est une manifestation concrète de la grâce de Dieu donnée par le Saint-Esprit à un croyant pour l’édification du corps de Christ. Paul déclare dans 1 Corinthiens 12:7 : « Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. » Le mot grec utilisé, phanerosis, signifie « manifestation visible ».

Ainsi, les dons spirituels sont des expressions visibles et concrètes du travail de l’Esprit dans l’Église. Ils ne sont pas destinés à l’auto-exaltation, mais à l’édification mutuelle (1 Cor 14:26).

1.2. Une diversité unie dans l’Esprit

Paul énumère plusieurs dons spirituels dans ses lettres (voir Romains 12, 1 Corinthiens 12, Éphésiens 4). Ces dons sont variés : parole de sagesse, guérison, prophétie, discernement des esprits, parler en langues, interprétation, service, enseignement, encouragement, etc.

Cette diversité reflète la richesse du Saint-Esprit et le besoin de complémentarité dans le corps de Christ. L’Esprit donne à chacun « comme il veut » (1 Cor 12:11), soulignant que les dons ne sont pas le fruit de la volonté humaine, mais une initiative souveraine de Dieu.

II. Que disent les textes clés sur la permanence des dons ?

2.1. 1 Corinthiens 12-14 : L’enseignement fondamental de Paul

Dans ces trois chapitres, Paul aborde directement la question des dons spirituels, leur but, leur usage et leur bon ordre. Il n’y a nulle part dans ces chapitres une indication que les dons seraient limités à une période spécifique.

Au contraire, Paul parle des dons comme d’une réalité normative de la vie de l’Église. Il ne dit jamais : « Ceci ne durera que pour un temps », mais il encourage au contraire à rechercher « avec ardeur les dons les meilleurs » (1 Cor 12:31) et surtout à aspirer à prophétiser (1 Cor 14:1).

2.2. Le fameux passage de 1 Corinthiens 13:8-12

Certains cessasionnistes citent ce passage comme preuve que les dons miraculeux ont cessé : « Les prophéties prendront fin, les langues cesseront… » (v. 8). Cependant, Paul précise quand cela arrivera : « quand ce qui est parfait sera venu » (v. 10).

Qu’est-ce que ce « parfait » ? Il ne s’agit pas du canon biblique ou de la maturité de l’Église, mais du retour du Christ et de la vision face à face de Dieu (v. 12). Tant que nous voyons encore « comme dans un miroir, d’une manière obscure », les dons sont nécessaires et actifs.

La disparition des dons n’est donc pas liée à la fin de la période apostolique, mais au retour glorieux de Christ.

2.3. Actes 2 et la promesse de la Pentecôte

Lors de la Pentecôte, Pierre interprète le phénomène du parler en langues comme l’accomplissement de la prophétie de Joël : « Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair… » (Actes 2:17).

Or, Pierre conclut en disant : « La promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur les appellera » (Actes 2:39).

Cela implique que la manifestation de l’Esprit à la Pentecôte n’était pas un événement unique, mais le début d’un âge spirituel pour l’Église tout entière.

2.4. 1 Thessaloniciens 5:19-21 : Un avertissement clair

Paul exhorte ici les chrétiens : « N’éteignez pas l’Esprit. Ne méprisez pas les prophéties. Mais examinez toutes choses ; retenez ce qui est bon. » Ce passage suppose que les prophéties sont actives et utiles. Si elles étaient vouées à disparaître, Paul aurait averti contre leur usage abusif.

Au lieu de cela, il appelle à ne pas les mépriser, tout en discernant leur contenu. Il s’agit d’un équilibre précieux : ouverture aux dons, mais discernement.

III. Les arguments en faveur de la cessation et leur évaluation biblique

3.1. « Les dons étaient nécessaires pour authentifier les apôtres »

Certains affirment que les dons miraculeux étaient réservés aux apôtres pour établir l’Église et valider leur autorité. Cependant, cette thèse est contredite par le Nouveau Testament lui-même. En effet, des croyants non-apostoliques comme Étienne (Actes 6:8), Philippe (Actes 8:6-7), ou les membres anonymes de l’Église de Corinthe exerçaient des dons miraculeux.

Paul ne dit jamais que seuls les apôtres pouvaient opérer des miracles ou prophétiser. L’Esprit agit selon sa volonté souveraine, au-delà des fonctions apostoliques.

3.2. « Le canon est fermé, donc les prophéties sont inutiles »

Cette affirmation confond deux choses : l’autorité canonique et l’exercice du don prophétique. Il est vrai qu’aucune révélation actuelle ne peut s’ajouter à la Bible. Mais le don de prophétie dans le Nouveau Testament n’a jamais eu pour but de produire une Écriture infaillible.

Il s’agit plutôt d’une parole inspirée, soumise au discernement (1 Cor 14:29), destinée à l’édification, à la consolation et à l’exhortation (1 Cor 14:3).

Ainsi, le don de prophétie continue peut coexister avec la clôture du canon, sans contradiction.

3.3. « Les dons ne sont plus nécessaires aujourd’hui »

Cet argument repose sur une vision fonctionnaliste et non biblique de l’Église. L’idée que nous n’aurions plus besoin des dons parce que nous avons la Bible ou des structures établies est étrangère à la pensée de Paul. L’Église, de son début à sa fin, dépend de la puissance et de la direction de l’Esprit. Les dons sont des instruments de cette œuvre. Si l’Église a encore besoin d’être édifiée, encouragée, guérie, évangélisée… alors les dons sont encore nécessaires.

IV. Comment discerner et utiliser les dons aujourd’hui ?

4.1. Tous les dons ne sont pas spectaculaires

Dans notre culture contemporaine, certains mettent l’accent uniquement sur les dons visibles (guérisons, miracles, langues), en oubliant les dons moins spectaculaires comme le service, l’encouragement, la générosité, le leadership spirituel, etc. Pourtant, tous ces dons sont également spirituels (Romains 12:6-8). Le danger est de chercher le spectaculaire au lieu de chercher la volonté de l’Esprit.

4.2. Le bon usage des dons dans l’Église locale

1 Corinthiens 14 insiste sur l’ordre et l’édification. Les dons doivent être exercés dans un cadre où la Parole est centrale, les anciens veillent à l’ordre, et le discernement spirituel est encouragé. Il faut éviter les abus, mais sans étouffer l’Esprit. Il s’agit d’ouvrir un espace à la manifestation de l’Esprit, tout en veillant à la clarté, à la paix, et à la construction de tous (1 Cor 14:33, 40).

4.3. L’amour, cadre indispensable des dons

1 Corinthiens 13, placé entre les chapitres 12 et 14, n’est pas un aparté poétique, mais une correction spirituelle majeure. Paul rappelle que sans l’amour, les dons sont vains. Chercher les dons sans le fruit de l’Esprit, c’est tomber dans le piège de la chair. L’amour est le critère premier de l’authenticité spirituelle.

V. Que dit l’histoire de l’Église sur la continuation des dons ?

5.1. Des témoignages de dons dans les siècles après les apôtres

Contrairement à ce que certains prétendent, il existe de nombreux témoignages historiques de manifestations spirituelles après la période apostolique. Des Pères de l’Église comme Justin Martyr, Irénée, Tertullien, évoquent des guérisons, des paroles prophétiques, ou des langues. Il y a donc une continuité historique, bien qu’irrégulière, dans l’expérience des dons.

5.2. Le renouveau du 20e siècle et aujourd’hui

Depuis le début du 20e siècle, les mouvements pentecôtistes, charismatiques et néo-charismatiques ont remis les dons spirituels au centre de la vie chrétienne. Certes, il y a eu des excès et des dérives, mais aussi des millions de vies transformées, des réveils, des missions dynamiques.

Le fait que Dieu utilise encore ces dons aujourd’hui dans le monde entier est une confirmation que l’Esprit n’a pas changé.

Conclusion : Oui, les dons spirituels sont toujours d’actualité !

L’Écriture sainte, étudiée avec soin et respect, ne donne aucun fondement solide à l’idée que les dons spirituels auraient cessé. Loin d’être des accessoires temporaires, ils sont des moyens par lesquels l’Esprit-Saint édifie, équipe et conduit l’Église dans son pèlerinage terrestre. Leur bon usage requiert de la maturité, du discernement, de l’humilité et surtout de l’amour. Mais leur réalité demeure une bénédiction que Dieu offre à son peuple jusqu’au retour glorieux de Christ.

Les plus grandes questions du Nouveau Testament

sauvés par la foi seule ou aussi par les œuvres ? Que signifie être né de nouveau ?

En savoir plus sur Etre chrétien

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

5 1 vote
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Vous aimerez peut-être aussi ceux-ci

0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x