(Hébreux 6:4-6 ; Jean 10:28-29 ; Philippiens 2:12)
L’une des questions les plus controversées et débattues du Nouveau Testament concerne la sécurité du salut : un chrétien né de nouveau peut-il perdre son salut ? Cette interrogation touche le cœur même de l’expérience chrétienne. Elle affecte la manière dont nous vivons notre relation avec Dieu, notre assurance, notre sanctification, et notre espérance éternelle. Plusieurs passages bibliques semblent, à première vue, soutenir des perspectives opposées. Certains parlent de sécurité éternelle, d’autres de la chute possible des croyants. Que faut-il comprendre ?
Pour répondre sérieusement à cette question, il est essentiel d’éviter les simplifications superficielles. Nous devons examiner le témoignage complet des Écritures, considérer la nature du salut, ce qu’implique être véritablement sauvé, et ce que signifie persévérer jusqu’à la fin. Ce que nous cherchons ici n’est pas simplement une opinion humaine, mais la vérité biblique, révélée par Dieu.
Dans cet article, nous allons analyser en profondeur les textes majeurs souvent cités dans ce débat (Hébreux 6:4-6, Jean 10:28-29, Philippiens 2:12), les comprendre dans leur contexte, et tracer une ligne claire entre la sécurité éternelle des véritables croyants et les avertissements sévères envers les professants non régénérés.
Contents
- 1 1. Le salut selon la Bible : une œuvre divine complète
- 2 2. Jean 10:28-29 — La sécurité éternelle des vrais croyants
- 3 3. Hébreux 6:4-6 — Un avertissement redoutable
- 4 4. Philippiens 2:12 — Travailler son salut avec crainte
- 5 5. La distinction essentielle entre sécurité et présomption
- 6 6. La persévérance des saints : un fruit de la grâce
- 7 7. Les dangers des fausses assurances
- 8 8. Comment avoir l’assurance du salut ?
- 9 Conclusion
1. Le salut selon la Bible : une œuvre divine complète
Avant de débattre sur la perte ou la sécurité du salut, il est fondamental de comprendre ce qu’est le salut selon le Nouveau Testament. Le salut biblique n’est pas simplement une décision humaine ou une expérience émotionnelle. C’est une œuvre divine, trinitaire, surnaturelle, accomplie par la grâce de Dieu, fondée sur la mort et la résurrection de Jésus-Christ, et appliquée par le Saint-Esprit.
Selon Éphésiens 2:8-9, « c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. » Le salut est un don souverain. Il implique la régénération (Jean 3:3-6), le pardon des péchés, la justification (Romains 5:1), la réconciliation avec Dieu, l’adoption comme enfants de Dieu, et une transformation intérieure qui produit une nouvelle vie.
Le salut véritable est aussi inséparable de la persévérance. Jésus a dit : « celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé » (Matthieu 24:13).
Mais cette persévérance est elle-même l’œuvre de Dieu en nous (Philippiens 1:6 ; Hébreux 13:20-21). Ainsi, si le salut est vraiment de Dieu, peut-il être perdu ?
2. Jean 10:28-29 — La sécurité éternelle des vrais croyants
Un des passages les plus clairs sur la sécurité du salut se trouve dans Jean 10:28-29. Jésus déclare :
« Je leur donne la vie éternelle ; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père. »
Ces paroles sont puissantes. Jésus affirme que ceux à qui il donne la vie éternelle ne périront jamais (litt. en grec : « jamais au grand jamais »). Il s’agit d’une promesse inconditionnelle, fondée non sur la performance humaine, mais sur la puissance du Père et du Fils.
De plus, Jésus parle ici de ses « brebis », c’est-à-dire ceux qui écoutent sa voix et le suivent (Jean 10:27). Il ne parle pas des faux croyants, des sympathisants religieux, ou de ceux qui ont une foi temporaire, mais des véritables disciples régénérés. Pour ces derniers, le salut est une réalité inviolable.
Ce passage enseigne clairement que le salut véritable ne peut être perdu. Aucun homme, aucun démon, aucune faiblesse, ni même la personne elle-même ne peut « ravir » les brebis de la main de Jésus ou de la main du Père. Voilà une source de grande assurance.
3. Hébreux 6:4-6 — Un avertissement redoutable
À première vue, Hébreux 6:4-6 semble contredire ce que nous venons de dire. Voici le passage :
« Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste, qui ont eu part au Saint-Esprit, qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les puissances du siècle à venir, et qui sont tombés, soient encore renouvelés et amenés à la repentance… »
Que signifie ce passage ? Parle-t-il de véritables croyants régénérés ? Ou s’agit-il de personnes exposées à la lumière, ayant fait l’expérience de la communauté chrétienne, mais sans foi authentique ?
Le mot-clé ici est « goûté » (en grec : « geuomai »), qui ne signifie pas nécessairement avoir pleinement reçu. C’est le même verbe utilisé en Matthieu 27:34 pour dire que Jésus goûta le vin mêlé de fiel, mais ne voulut pas le boire.
Ce texte décrit donc des individus ayant eu une exposition puissante à la grâce de Dieu, aux œuvres de l’Esprit, à la prédication vivante de la Parole, mais qui n’ont jamais été régénérés, et qui finissent par rejeter délibérément Christ. Il ne s’agit pas d’une perte du salut, mais d’une apostasie consciente après une proximité avec la foi.
L’auteur des Hébreux parle de ceux qui rejetteraient le seul moyen de salut après l’avoir connu intellectuellement, ce qui rend impossible leur renouvellement. C’est un avertissement sévère contre la fausse assurance.
4. Philippiens 2:12 — Travailler son salut avec crainte
Un autre texte important est Philippiens 2:12 :
« Travaillez à votre salut avec crainte et tremblement. »
Ce verset a souvent été mal compris. Certains y voient la preuve que le salut est incertain ou conditionnel. Mais le verset suivant est essentiel :
« Car c’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. »
Paul ne dit pas que nous devons gagner ou conserver notre salut par nos œuvres. Il exhorte les croyants à vivre pleinement le salut qu’ils ont reçu, dans une attitude sérieuse et respectueuse. Ce travail n’est pas l’œuvre de la chair, mais le fruit de l’action de Dieu en nous.
Il ne s’agit donc pas d’un doute sur la sécurité du salut, mais d’un appel à persévérer dans la sanctification, avec une conscience de notre dépendance totale envers Dieu. La véritable foi produit une obéissance sincère, et non un relâchement.
5. La distinction essentielle entre sécurité et présomption
Beaucoup de confusions viennent du fait qu’on confond sécurité et présomption. La Bible n’enseigne pas que quiconque professe la foi chrétienne est automatiquement sauvé pour toujours. Jésus lui-même a dit :
« Ce ne sont pas tous ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur, qui entreront dans le royaume des cieux » (Matthieu 7:21).
Il existe donc des faux convertis, des croyants apparents, qui n’ont jamais été réellement sauvés. 1 Jean 2:19 dit :
« Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n’étaient pas des nôtres ; car s’ils avaient été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous. »
Ainsi, l’abandon de la foi, la chute morale définitive, ou la haine envers Dieu ne sont pas des signes qu’un chrétien régénéré a perdu son salut, mais des preuves qu’il n’a jamais été vraiment sauvé.
6. La persévérance des saints : un fruit de la grâce
L’une des doctrines fondamentales du salut biblique est celle de la persévérance des saints. Cela signifie que ceux que Dieu sauve véritablement, il les garde jusqu’à la fin. Cette doctrine est clairement enseignée dans des textes comme :
- Romains 8:29-30 : « Ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés. »
- Philippiens 1:6 : « Celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ. »
- 1 Pierre 1:5 : « À vous qui, par la puissance de Dieu, êtes gardés par la foi pour le salut prêt à être révélé. »
Le salut biblique est un salut de la part de Dieu, par Dieu, pour Dieu, et Dieu ne faillit jamais. Ceux qu’il a adoptés comme enfants sont gardés par sa main puissante. Même dans leurs chutes temporaires, Dieu les discipline, les relève et les sanctifie.
7. Les dangers des fausses assurances
Malheureusement, certains enseignements erronés ont réduit la foi chrétienne à une simple prière de conversion ou une adhésion intellectuelle. Cela a produit des multitudes de personnes non régénérées, convaincues d’être sauvées, mais sans transformation intérieure.
Ces personnes, lorsqu’elles tombent dans le péché, s’éloignent de Dieu et finissent parfois par renier la foi. Il est alors facile de croire qu’elles ont perdu leur salut. Mais en réalité, leur salut n’était pas authentique.
C’est pourquoi Paul nous exhorte : « Examinez-vous vous-mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi ; éprouvez-vous vous-mêmes » (2 Corinthiens 13:5).
8. Comment avoir l’assurance du salut ?
L’assurance du salut ne repose pas sur une émotion ou un souvenir, mais sur trois fondements bibliques :
- La foi en la promesse de Dieu (Jean 3:16 ; 1 Jean 5:11-13)
- La présence du Saint-Esprit et son œuvre dans notre vie (Romains 8:16)
- Les fruits visibles de la nouvelle naissance : obéissance, amour, persévérance (1 Jean 2:3-6)
L’assurance authentique ne conduit jamais à la légèreté, mais à l’amour, à la crainte révérencieuse et à la fidélité.
Conclusion
Peut-on perdre son salut ? Non, si ce salut est véritable, fondé sur la grâce de Dieu, reçu par la foi en Jésus-Christ, et accompagné d’une transformation réelle par le Saint-Esprit. Le salut authentique est éternel et sûr, non parce que nous sommes forts, mais parce que Dieu est fidèle.
Mais oui, il est possible de croire être sauvé et ne pas l’être. Il est possible de faire profession de foi, de goûter aux bénédictions du peuple de Dieu, et finalement de tomber, révélant un cœur non régénéré.
Ce sujet exige donc de chacun une grande solennité. Sommes-nous vraiment nés de nouveau ? Persévérons-nous dans la foi, dans la sanctification, dans l’amour de Dieu et du prochain ?
Car la foi qui sauve est une foi vivante, obéissante et persévérante, produite et soutenue par l’Esprit de Dieu. Et à ceux qui sont vraiment à Christ, il dit :
« Ne crains point, petit troupeau ; car votre Père a trouvé bon de vous donner le royaume » (Luc 12:32).
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